32 et 32 ans
Cofondateurs de Veja
Bien dans leurs baskets
Leur objet fétiche :"Les clefs de notre nouveau lieu à Paris."
Le mot qu'ils détestent: "Le «social business» des multinationales."
Année de création: 2004.
Effectif: 25 salariés.
Chiffre d'affaires en 2009: 5,6 millions d'euros (18 fois plus qu'en 2005, première année de commercialisation).
Objectif en 2010: +10% par rapport à 2009.
Il leur aura suffi de quelques missions d'audit en développement durable pour le compte de grands groupes (PPR, Carrefour, Lafarge…), dans le cadre d'une association montée pendant leurs études, pour mesurer le fossé entre beaux discours et réalité. Les deux amis d'enfance Sébastien Kopp et Ghislain Morillion (ils se connaissent depuis l'âge de 14 ans) décident alors de créer de zéro leur propre boîte, qui commercialisera des baskets fabriquées au Brésil.
En 2004, ils lancent Veja ("Regarde", en brésilien) et imaginent la recette de la basket "différente": le caoutchouc est récolté sur des hévéas sauvages d'Amazonie, le cuir tanné à l'extrait d'acacia, le coton bio provient du nord du Brésil, les chaussures sont fabriquées au sud "dans la dignité" (les ouvriers travaillent de 7h à 16h, ont une heure de pause et des salaires élevés) puis transportées par bateau en France, où elles sont stockées par des travailleurs en réinsertion. Pour que ces baskets, plus chères à fabriquer, trouvent leur place sur le marché, ils refusent le modèle des grandes marques de chaussures de sport, dont le budget publicitaire peut atteindre un tiers du chiffre d'affaires. "Pas question de payer des stars des millions pour se rattraper en faisant trimer des ouvriers du Sud-Est asiatique", résume Sébastien Kopp.
Le succès se confirme d'année en année (100 000 paires vendues en 2009, 5,6 millions d'euros de chiffre d'affaires). "Mais la vraie réussite, insiste Sébastien Kopp, c'est que c'est la même équipe depuis le début." Les fondateurs veillent à limiter les différences de salaires: les plus élevés (les leurs) sont de 4000 euros net, les plus bas de 1600 euros net.
Les objectifs commerciaux fixés sont qualitatifs, pas chiffrés, et tout le monde est incité à s'investir dans des projets responsables sur ses heures de travail: le directeur commercial s'occupe de la réduction des émissions de CO2, le webmaster organise des conférences citoyennes... L'engagement est quotidien: dans les locaux parisiens de Veja, près de Bastille, on consomme de l'électricité renouvelable du fournisseur militant Enercoop ("C'est 22% plus cher, mais on s'est fixé avec pour objectif de faire baisser d'autant notre consommation et on a réussi") et des produits équitables Alter Eco.
Après avoir lancé une gamme d'accessoires (sacs, portefeuilles, housses pour ordinateur), "l’équipe Veja bâtit le pilier culturel du projet: aller encore plus loin en s’adressant différemment au public, à travers l’art et les idées", indique le dossier de présentation de la société. Concrètement, Veja héberge dans ses locaux la petite équipe éditoriale de Rue89 version papier et projette d'ouvrir un lieu d'un genre inédit, en octobre, à Paris (le programme est tenu secret).
Veja, bien implanté en France, mais aussi en Espagne et en Angleterre, compte également se renforcer à l'international, dans des pays où la marque est déjà présente (Scandinavie, Italie, Etats-Unis, Japon) ou pas. "Mais on gardera une «structure commando», assure Sébastien Kopp. Je préfère 1000 initiatives chouettes qu'un gros truc demain.
Pour en savoir plus: www.veja.fr, blog.veja.fr
Eric Lecluyse
Crédit photo: DR
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La gagnante de notre jeu-concours, qui s'est terminé le 30 novembre, est Sylvie Danjou. Elle remporte le vélo à assistance électrique iStep Tourer 2010 de Matra d'une valeur de 2000 euros TTC. Merci pour votre participation.